HARLAN COBEN - Ne Le Dis à Personne...

Harlan Coben est devenu en l'espace de cinq ans un poids lourd du roman policier, pour ne pas dire le patron de ce genre. Forcément, il a autant de fans que de détracteurs : à tort ou à raison. Pour mieux comprendre le phénomène, zoomons sur son premier livre, celui qui lui apporta le succès : Ne Le Dis à Personne.

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Traduit de l'anglais par Roxanne Azimi

Pour situer brièvement l'auteur, il vient du New-Jersey, soit la province de New York. Diplômé en sciences politiques, il a bossé illogiquement dans l'industrie du voyage. De prime abord, aucun rapport avec la littérature, même policière. Pourtant, et là ça devient intéressant, il a gagné 3 prix majeurs dans la catégorie polar. Et à la lecture de Ne Le Dis à Personne..., on comprend mieux pourquoi.

Amuse-bouche, enfin yeux, mais ce n'est pas grave : David et Elisabeth sont amoureux depuis tout petit. C'est mignon tout plein du genre à graver leurs initiales entourées d'un cœur sur l'arbre où ils vont se baigner ensemble. La romance enfantine devient adolescente puis adulte. Ohlala, chabada, que c'est fleur bleue, mais les Rita Mitsouko ne chantaient-ils pas : les histoires d'amour finissent mal en général ?

Pour sûr, et alors qu'il va se baigner dans le lac de leur enfance, David Beck entend Elisabeth crier de la berge. Il se dépêche de nager jusqu'au rivage, patatras, coup de massue sur la tête, il tombe dans les pommes, écran noir et petites étoiles tombantes. Lorsqu'il se réveille, Elisabeth, sa femme adorée est morte, assassinée par un tueur fou répondant au doux nom de KillRoy.

Huit années passent, la souffrance ne part pas, elle change simplement d'endroit où faire mal. David Beck fait ce qu'il peut pour s'en sortir. Il est pédiatre, toujours dans la même ville. Avec le temps, il a appris à se faire une raison : la femme de sa vie est partie et c'est injuste, mais c'est comme ça.

Jusqu'au jour où il reçoit un email curieux, puis un autre, style :

"Heure du baiser", "ne le dis à personne", "on nous surveille", plus des choses que seule sa femme était en mesure de connaître. Et lorsqu'il aperçoit le visage vieilli d'Elisabeth en direct sur une webcam, tout ce qu'il avait cherché à enterrer refait surface. Et c'est alors que les ennuis commencent. Et oui, parce que bien entendu, les agents du FBI trouvent de nouveaux faits qui leur suggèrent une hypothèse pas jolie du tout : ils soupçonnent David d'avoir tué son épouse. Question pas de bol, il devient la carrière de Whitney Houston incarnée.

Avant d'être écrivain, Harlan Coben est ce que j'aime à appeler un sacré coupeur de cheveux en quatre. En clair : ce qui est simple, il le complique à l'extrême. Ca tombe bien : dans les thrillers à suspense, c'est ce que la majorité des gens aiment, et il le fait avec brio.

Résumons : un amour brisé, puis un homme innocent accusé à tort, des vilains pas beaux partout, c'est l'auberge espagnole à tel point qu'on se demande comment l'auteur parvient à s'y retrouver. C'est son problème mais question intrigue : c'est fort.

Nombre de romans policier jouent soit sur l'idiotie américaine des serial killers (un quoi ? cf. La Cité de la Peur), soit sur une surenchère de violence, de folie, de sang et j'en passe. Je soupçonne Coben d'être un grand romantique. Ne Le Dis à Personne... est avant tout un livre romantique. Pour reprendre l'expression d'un ami : "c'est que du bonheur". Et désolé messieurs-dames, le bonheur n'est pas dans le crime, mais bien entendu dans l'amour. Dites-le à tout le monde : maudit soit celui qui ne s'en souvient pas.

Le sexe, c'est pour n'importe qui : ce qui suit est réservé aux amants.